printemps 1996
c'est fou ce que la (re)decouverte d'une vieille photo peut faire remonter comme souvenirs (un carambar caramel a celui qui retrouve la mole).
nous voila donc partis pour un voyage dans le temps, a l'epoque ou la mole n'etait pas encore la mole. c'etait le temps de l'insouciance, des mercredi apres midis nature et...des calecons! qui n'a jamais porte ces affreux "pantalons" assez moulants et aux couleurs plus que douteuses? certes c'etait la mode mais certains en ont plus souffert que d'autres. la mole par exemple. la mole avait a cette periode une garde robe essentiellement (pour ne pas dire entierement) composee de calecons, dont un qu'elle aimait tout particulierement, un bleu a carreaux blancs, avec de magnifiques cerises bien rouges. magnifique, la piece maitresse de sa collection, collection a faire palir d'envie claudine, qui etait dans sa classe et lui faisait de la concurrence dans sa course au titre mondial du calecon le plus moche (la malheureuse claudine a du abandonner la competition suite a un grand ecart rate qui a lamentablement dechire le calecon imitation leopard).
helas, cette piece historique, "le temps des cerises", a eu une triste fin, le jour de la rencontre de la mole avec un certain martin. martin avait une reputation d'enfant plutot turbulent, parfois aggressif. il etait neammoins relativement doue au lancer de pneu, discipline phare de la recre dans cette petite ecole primaire. l'action se deroule donc pendant une recre, matin ou apres midi, le temps a efface les details. la mole joue avec ses camarades, ou peut etre etait elle en train de defier claudine dans un Nieme concours de miss calecon? c'est alors qu'un projectile lui arrive dessus. il ne lui faut pas beaucoup de temps pour realiser que c'est martin qui lui a envoye dans le but de la provoquer. et ca marche. elle s'elance a sa poursuite dans une course epique et la... boum, s'etale de tout son long sur le sol goudronne de la cour de recre. premiere impression, ca fait mal mais bon, pleurer devant claudine, jamais! c'est alors que la mole baisse les yeux vers son genou douloureux et remarque le trou beant dans son calecon prefere...et la c'est plus fort qu'elle, elle ne peut retenir ses larmes. le soir, en rentrant a la maison, elle ne peut se resigner a abandonner ainsi la competition. heureusement, maman a la solution: une piece sur le trou et "le temps des cerises" est plus resplendissant que jamais. pour le genou, un enorme (tellement enorme qu'il donnait l'impression d'un double genou) pansement fera l'affaire. une semaine apres son accident, la mole reflechi encore a une vengence quand martin la provoque a nouveau. toute personne dotee d'un minimum de jugeotte aurait ignore le defi mais pour la mole, c'etait l'occasion ou jamais de faire payer a martin le calecon (et accessoirement le genou) estropie. elle s'elance a sa poursuite, bien decidee a ne pas lacher prise. elle le perd rapidement de vue puis soudain, une grande tape dans le dos, et la voila a nouveau par terre. le premier genou n'a rien senti, bien protege par le pansement. cette fois c'est l'autre qui a souffert de la chute. et de nouveau, le calecon (d'une solidite a toute epreuve) craque. pas de doute, cette fois c'est la fin, "le temps des cerises" a rendu l'ame.
cette photo, c'est aussi des bons souvenirs. et un en particulier, la decouverte de l'aviation. c'est ce jour la que la mole a mis pour la premiere fois de sa vie les pieds dans un avion. a cet age la, quand on decouvre quelque chose de nouveau, on a forcement envie d'en faire son metier. alors bien sur, en rentrant chez elle le soir, comme la plupart des autres eleves sur la photo, elle annonce fierement a ses parents que "elle aussi, quand elle sera grande, elle conduira des avions". phrase a laquelle les parents repondent "mais bien sur ma cherie". evidemment, quelques jours plus tard, c'etait oublie. qui aurait pu alors croire que quelques annees apres, la mole serait brevetee pilote sur le meme avion que celui dans lequel elle avait vole ce jour la? qui aurait pu croire qu'elle revivrait le meme bonheur, le meme emerveillement qu'en ce jour de printemps 1996, et comme a chaque vol depuis.
et puis cette photo, c'est aussi des amis. des amis qu'on perd de vue, qu'on retrouve, avec lesquels on reste en contact. il y en a dont on a meme oublie le nom. en regardant cette photo, on se demande s'ils ont garde le meme souvenir de cette journee, de nous, s'ils ont eux aussi realise leurs reves d'enfants... alors si vous passez par la et que vous vous reconnaissez, vous savez ce qu'il vous reste a faire.